Ça crame sur l’autoroute du soleil à cause des cigarettes
33 départs de feu recensés sur l’A7 cet été dont 5 à hauteur de Vitrolles

Sur Vitrolles, les grands îlots ont été nettoyés mais les bordures laissent à désirer.
Entre griller une cigarette au volant et flamber une pinède, il n’y a qu’un pas que certains automobilistes inconscients franchissent allègrement en jetant leur mégot mal éteint par la fenêtre… Ce n’est pas un hasard si les autoroutes du département sont jonchées de terrains qui ont brûlé. « Depuis le 15 juin, dans les Bouches-du-Rhône, nous recensons déjà 74 départs de feu en bordure des routes, déplore le colonel Luc Jorda, le chef du Service départemental incendie et secours (Sdis). C’est effectivement très inquiétant. Et il est évident que ces feux trouvent leur origine dans des jets de cigarettes encore allumées. Il suffit de jeter un oeil sur les bas-côtés des autoroutes… Il y a plein de mégots. Ce sont des cendriers à ciel ouvert ! »
Près de la moitié de ces départs de feu (33 sur 74) se sont produits sur l’autoroute du soleil (l’A7). Le secteur situé entre Les Pennes-Mirabeau et Rognac est particulièrement touché.
Le grand feu de 2004 était parti de l’A7
Rien que sur la zone de Vitrolles (la seule commune du département à être traversée de bout en bout par une autoroute), cinq départs de feu ont été comptabilisés. Le dernier en date est survenu le 3 août, en bordure d’une bretelle de sortie de l’A7 à hauteur de la Petite Garrigue. Ces incendies ont été rapidement maîtrisés, malgré les difficultés d’intervention liée au trafic, mais d’autres peuvent dégénérer à vitesse grand V. Le gigantesque feu du 24 juillet 2004 qui avait dévasté le plateau de Vitrolles était parti de l’autoroute, au niveau de Velaux. « L’enquête a établi que cet énorme incendie avait été très probablement provoqué par une cigarette », soupire Luc Jorda.
Alors que faire ? Car le danger est pourtant connu. D’autant que les panneaux autoroutiers d’information passent en boucle ce messages de prévention: « Cigarette jetée, risque incendie ». « Il y a une grande campagne de sensibilisation à mener, c’est évident », lance le patron des sapeurs-pompiers. Qui pointe un problème au niveau du débroussaillement (lire aussi ci-dessous). « Trop de débroussaillages sont pas ou mal faits. Des efforts sont à faire dans ce domaine. J’observe aussi que la plupart des fossés ne sont pas traités. La législation préfectorale est pourtant claire : il faut nettoyer au minimum sur 10 m en bordure des routes. Et c’est pareil pour les voies ferrées ! », râle le colonel Jorda. Le long des chemins de fer, ce ne sont pas les cigarettes – interdites dans les trains – qui constituent un danger mais les étincelles que génère le frottement des roues des wagons sur les rails. A Vitrolles, l’été dernier, trois feux s’étaient déclarés après le passage d’un train…
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Le débroussaillement coûte 700 000€ par an.
Seize au mois de juin ; 15 en juillet et encore un en août. Entre Marseille et Rognac, 33 départs de feu se sont produits sur l’A7 dont 120 km autour de Marseille ont été transférés à la Direction interdépartementale des routes Méditerranée (Dire Méd) qui dépend du ministère de l’Equipement. C’est ce service qui est chargé de nettoyer le bord des autoroutes du département et d’une petite partie du Var qui n’ont pas été concédées à des sociétés privées. Soit 220 km au total classés en trois catégories au niveau du risque incendie. Le secteur situé entre Vitrolles et Rognac fait partie des zones les plus exposées à ce danger. « Nous venons d’ailleurs de traiter un grand îlot en bordure d’un échangeur à hauteur de Rognac », précise Stéphane Leroux, responsable du district urbain au sein de la DireMéd. Il souligne aussi que ces campagnes de débroussaillement coûtent 700 000€ par an et que l’Université de Provence planche sur une étude pour améliorer l’aménagement des bas-côtés. Si la plupart des terrains jouxtant l’A7 ont été nettoyés, le débroussaillement laisse en revanche à désirer au niveau des terre-pleins centraux et des bordures. A hauteur de Grand-Vitrolles, entre l’A7 et la RD113, les arbustes empiètent sur la chaussée, de part et d’autre de la glissière de sécurité. Cet été, il y a déjà eu deux feux dans ce secteur qui n’a pas été du tout traité. Au Conseil général, qui gère 3200km de routes, dont la RD113, on assure que c’est à la Dire Méd de s’en charger…
source : Laurent Alexandre ( La Provence)