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18septRENCONTRE AVEC LES ANCIENS DES RIVES DE BERRE

Il faisait bon vivre sur les rives de l’étang de Berre

rognac.org RENCONTRE AVEC LES ANCIENS DES RIVES DE BERRELes habitants du Ranquet n’échangeraient leur maison pour rien au monde.

La vue imprenable qu’ils ont sur la petite mer de Berre est une source de félicité et de bonheur, tous les jours renouvelée. La plupart des anciens sont arrivés dans le quartier un peu par hasard.

"Parce que c’était la première mer que l’on apercevait après la sortie d’autoroute en venant du nord!", rigole "Riri"Catillon qui vit les pieds dans l’eau sur la plage. Léo Rougon a posé ses valises dans le quartier à la fin des années cinquante, laissant la chaleur estivale de Cavaillon derrière elle: "C’était une période bénie, où il faisait bon vivre.

La simplicité, l’amitié et la franche rigolade étaient de rigueur. Nous venions en week-end dès les beaux jours ou en vacances, nous baigner dans l’étang de Berre. Il y avait les bals, l’élection de Miss Ranquet, les journées de pêche…" Les conditions de vie dans les cabanons de bric et de broc étaient pourtant rudimentaires.

"Pas d’eau, pas d’électricité, se souvient la Marseillaise Paulette Jansen. On devait aller en ville, à la fontaine devant Pasteur pour y prendre de l’eau. Nous faisions les shadocks!! Et le soir, les parties de boules devant le restaurant Conil (aujourd’hui la Guinguette du Ranquet), c’était à la lampe de poche". Pourtant rien ne les a empêchés de s’installer au Ranquet au moment de la retraite.

"Parce que celui qui y vient une fois a envie d’y rester pour toujours", remarque avec philosophie Lucienne Juban, qui depuis 49 ans vit entre Saint-Etienne et le Ranquet.

Certes, le quartier a changé depuis quelques décennies. L’épicerie et la boulangerie ont disparu. Le restaurant a laissé la place à la guinguette. Les cabanons se sont transformés en maisons. L’eau est arrivée, le réseau d’assainissement a été mis aux normes. Certains anciens regrettent un peu que les nouveaux habitants ne cherchent pas à saisir "cet esprit des cabanons qui a longtemps soufflé dans le quartier", selon les mots de "Riri". La magie et le charme d’une époque joyeuse et insouciante se laissent oublier.

Le quartier est aujourd’hui très attractif, pour la qualité de vie qu’il offre, avec son cadre naturel unique. Il doit négocier le virage de l’urbanisation, tout en conservant son âme. Un vrai défi.


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